Abdulmenaf mime une situation où il fut forcé de ramper sous les bottes des militaires qui le piétinent, lui, propriétaire respecté possédant 30 hectares de terres et 250 moutons !
Se sentant toujours en danger, il s'enfuit à Ereli, près de Konya avec toute la famille Dogan (femme, les 5 enfants, les 4 frères, 2 sœurs, 2 cousins) où elle réside toujours. Mais, un jour de 2001, alors qu'il est au travail, sa femme lui téléphone : "la police est venue te chercher". Alors c'est de nouveau la fuite : Istanbul… un passeur… Paris … et Rennes…
Il songe à faire venir sa famille mais, "par respect pour les lois françaises, je ne le ferai pas tant que ma situation ne sera pas régularisée".
Il songe aussi à son retour mais il n’a plus de terre.
"Je rêve de Karapinar….. ça me manque, mais je n’ai pas le choix ! Psychologiquement, c’est dur, à mon âge, je pleure, je pleure souvent…".